Sicile, Tétradrachme, v. 470-450 av. J.-C.
Sélinonte - Argent - TB+ - HGC:2-1220
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Artémis tenant les rênes d'un bige allant à gauche, à côté d'elle, Apollon s'apprêtant à tirer une flèche.
Selinos, nu, debout à gauche, tenant de sa main gauche une branche de laurier à la verticale et de sa main droite, une phiale au-dessus d'un autel orné d'une branche de laurier. Coq tourné à gauche devant l'autel ; dans le champ droit, feuille de sélinon (variété d'ache ou de céleri) au-dessus d'un taureau debout à gauche sur un piédestal.
Tétradrachme à la frappe parfaitement centrée au droit et laissant apparaitre la majorité de l'iconographie au revers. Notre exemplaire présente un coin de revers rare vu en ventes à moins de dix exemplaires seulement. D'après l'ouvrage de Willy Schwabacher publié en 1925 (MBNG, 43), notre monnaie est frappée avec la combinaison de coins n° 5, présentant le coin de droit Q1 et associé au coin de revers S5. Il s'agit de l'un des premiers types frappés pour les tétradrachmes de Sélinonte. L'auteur identifie au moins 15 exemplaires dont certains sont passés dans les ventes des 20 dernières années. Le droit est parfaitement centré et l'on voit pratiquement tout le grènetis qui entoure l'iconographie. Néanmoins, le coin de droit était usé lors de la frappe, faisant apparaitre des traits plus grossiers et moins précis sur notre monnaie. Le revers, moins émoussé, présente tout de même les traces d'un nettoyage ancien qui s'est ensuite repatiné. Un graffiti est visible à 9h sur la lettre Σ. L'intégralité de l'iconographie du droit et du revers est intimement liée à la cité et à sa religion. Au revers, l'homme représenté est Selinos, le dieu-fleuve du cours d'eau situé vers la cité. Il tire son nom du sélinon, une sorte d'ache, de persil ou de céleri, très abondant à Sélinonte et aux propriétés médicinales connues. La médecine est d'ailleurs rappelée par la présence d'Apollon et Artémis, dont l'un des domaines de protection est la santé (maladie et guérison). En outre, ces deux divinités revêtent une grande importance pour la cité qui leur a dédié plusieurs temples, ainsi qu'à Asclépios (fils d'Apollon) et Léto, leur mère. Le laurier, l'un des attributs d'Apollon, est également représenté sur le revers. Notre tétradrachme témoigne donc de l'aspect religieux ; d'une part, par la présence des dieux et par celle du taureau, de la phiale et de l'autel et d'autre part, par la libation que réalise Sélinos. Quant à la cité de Sélinonte, elle est fondée par les habitants de Megara Hyblaea et est située dans le Sud-Ouest de la Sicile. Au bord de la mer, elle bénéficie de liens commerciaux forts avec la Grèce et notamment les Phéniciens. La richesse de ses sols en font également une cité prospère dont la richesse lui a permis de faire bâtir un nombre conséquent de temples. D'abord alliée des Carthaginois après son conflit avec Théron d'Acragas, tyran d'Agrigente, aux alentours de 480 av. J.-C., Sélinonte devient l'une des cités les plus puissantes de Sicile. Elle est néanmoins détruite en 409 av. J.-C. par ses anciens alliés puniques qui, une fois la cité en partie reconstruite, maintiennent leur hégémonie. Notre monnaie présente donc une iconographie aux éléments intimement liés à la religion et s'inscrit dans la période où les relations entre Sélinonte et Carthage évoluent. D'un type rare et rarement vu dans les ventes, notre monnaie est donc d'un grand intérêt iconographique et numismatique ! Rizzo, pl. XXXI, 10 ; Schwabacher 5 (Q1/S5) ; SNG Lloyd 1224 et SNG ANS 688. Ex Numismatik Lanz München, Auction 125, 28 novembre 2005, lot 103. Collection Faune d'Argent.
ΣΕΛΙИΟ-И-ΤΙ-ΟΝ [antihoraire and Σ rétrograde]
Σ-ΕΛΙΝ-ΟΣ
17.36 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
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