Macédoine, Tétradrachme, v. 460-423 av. J.-C.
Mendè - Argent - TB+ - HGC:3.1-545
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Dionysos ivre, barbu, dénudé avec un chiton drapé à la taille, couché à gauche sur le dos d'un âne avançant à droite, tenant un canthare dans sa main droite tendue et regardant à droite ; un oiseau (geai ?) sur des branches devant.
Vigne avec grappes de raisin dans un carré surélevé ; ethnique autour dans un carré légèrement incus.
Flan assez peu soigné, pas tout à fait rond et avec une légère fissure au niveau des pattes arrières de l'âne. Cependant, c'est un beau tétradrachme, et surtout de la plus haute rareté. Le centrage est très bon, le canthare est complet et l'oiseau également. Il est frappé selon un étalon Attique-Eubéen. Ce tétradrachme, frappé avec une seule paire de coins, présente le type rarissime représentant Dionysos regardant vers la droite, et non à gauche comme sur le type plus commun. Très peu d'exemplaires de ce type ont été retrouvés à ce jour, la plupart proviennent du Trésor de Mendè (actuelle Kalandra) de 1913. Pour cette rarissime variété des tétradrachmes de Mendè, certains dans des collections privées sont issus de la vente à l'occasion de la dispersion du trésor, dont une grande partie est aujourd'hui dans diverses collections publiques. Nous notons surtout l'exemplaire de la collection Jameson (n° 1964) présentant des coins identiques. Notre tétradrachme devrait présenter une swastika minuscule sur le drapé du dieu, mais l'usure de circulation l'a quasiment fait disparaitre. Elle reste visible mais extrêmement ténue, presque fusionnée avec le drapé. Notre bel exemplaire a été frappé dans la cité de Mendè, qui se trouvait sur l'une des péninsules de la Chalcidique, la péninsule de Cassandra. Sur cette péninsule se trouvait un temple de Dionysos - le temple d'Aphytis - dont on peut supposer qu'il était le lieu de tenue d'un culte dionysiaque et lié à la cité de Mendè. Le tétradrachme présente un détail de composition d'un "cortège dionysiaque", cortège où Dionysos défile accompagné d'un groupe de satyres, de Ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène. Nous n'avons ici que le Dionysos se déplaçant sur le dos d'un âne, enivré, et soulevant son canthare. Cela le caractérise à la fois dans son état d'ivresse, puisque c'était une céramique dont l'utilisation principale était pour la consommation de vin, mais aussi comme son attribut principal, dont il serait lui-même l'inventeur. Le vase est présent dans les représentations des rites initiatiques au culte de Dionysos, un culte à mystères, où, malgré l'absence de sources antiques, nous savons qu'elles étaient le lieu de délires et d'excès, notamment de boissons. L'âne transportant Dionysos est également plein de sens puisqu'il est l'un des animaux symbolisant la divinité. Il fait écho au satyre Silène, qui fut le père adoptif et précepteur du dieu, dont l'âne était l'attribut, se déplaçant sur son dos car constamment ivre. Mendè était une cité renommée dans la production et l'exportation de vin durant la période Antique, ce qui explique cette iconographie dionysiaque sur le droit, mais également celle du revers avec la vigne et les grappes de raisins abondantes. Nous avons ici un très bel objet, d'une richesse iconographique importante, et surtout, d'une absolue rareté grâce à l'orientation du visage de Dionysos vers la droite. Une variété vue seulement dans certaines grandes collections telle que la collection Jameson, dont l'exemplaire était issu d'un ancien trésor monétaire. HGC 3.1, 545 ; Jameson 1964 (mêmes coins) ; Noe, "The Mende (Kaliandra) Hoard of 1913", NNM 27, 1926, 36 (IGCH 358) ; SNG ANS 345 (mêmes coins) et Pozzi 785-6 (catalogue de vente). Collection Faune d'Argent.
MEN-Δ[A]-I-ON
16.84 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
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