Îles au-delà de l'Attique, Statère, v. 404-350 av. J.-C.
Égine - Argent - TB+
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Tortue terrestre.
Carré incus avec cinq compartiments séparés par trois lignes fines.
Statère très intéressant avec un centrage parfait au revers. La tortue au droit est décentrée vers la gauche mais l'on distingue la majorité de son corps. Chaque écaille de ses pattes et de son ventre sont visibles et sa carapace, composée de gros blocs, est bien définie. Sa queue est dessinée par un petit trait oblique allant vers la droite. Une petite cassure de coin est présente dans le champ droit. L'iconographie de la tortue n'est pas anodine. Elle est présente sur le monnayage d'argent d'Égine depuis le milieu du VIe siècle avant notre ère, soit une centaine d'années après la création de la monnaie telle qu'on la conçoit. La première tortue représentée était une tortue de mer. Elle symbolisait la puissance navale de la cité d'Égine. Le motif reste présent jusqu'au dernier tiers du Ve siècle avant note ère, au moment où les Éginètes perdent contre Athènes lors de la Première Guerre du Péloponnèse. La cité perd sa puissance et rejoint de force la Ligue de Délos. Vers 431, av. J.-C., au début de la Guerre du Péloponnèse, les Éginètes sont chassés de leur cité et remplacés par des Athéniens. Ils réintègrent cependant Égine vers 404 av. J.-C., sous la gouvernance des Spartiates. La tortue marine est alors remplacée par une tortue terrestre. Le symbole est donc conservé mais modifié en conséquence. Les statères éginètes sont d'autant plus importants qu'Égine est la première cité à émettre des monnaies en argent. Elle généralise son standard dans différentes parties de la Grèce et de la Crète grâce à sa puissance maritime (commerciale et militaire). Les Athéniens notamment s'en inspirèrent. Le premier vrai type de statère à la tortue terrestre est frappé aux alentours de 445 av. J.-C. et présente un poinçon de revers composé de lignes épaisses. Le revers des deuxième et troisième types, plus tardifs, possèdent des lignes fines ainsi que des symboles et un mot pour le dernier. La tortue terrestre apparait donc sur les statères éginètes jusqu'à 338 av. J.-C. Elle est cependant moins présente que la tortue de mer dont on compte 12 types pour cette dénomination. Deux types, frappés respectivement entre 550-525 av. J.-C. et 525-475 av. J.-C. sont appelés "proto-tortoise". Le premier est caractérisé par les blocs composant la carapace ainsi qu'une diminution de la taille des pattes et un col composé d'un trait fin. Le deuxième type présente des pattes courtes et épaisses caractéristiques des tortues terrestres ainsi que le col trilobé. Quant aux poinçons, ils préfigurent les revers définitifs qui apparaitront plus tardivement. Notre exemplaire a donc repris les caractéristiques des deux proto-types du droit et affiné les traits du poinçon au revers. La tortue terrestre se distingue alors des tortues de mer par de courtes pattes épaisses et des blocs sur sa carapace. Véritable témoin d'une évolution stylistique, cette monnaie est fortement liée au contexte politique complexe de sa période de frappe. BMC Attica 146-165 ; HGC 6, 438 ; SNG München 566-9 et SNG Delepierre 1545. Collection Faune d'Argent.
12.21 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
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