Ibérie, Drachme, v. 300-241 av. J-C
Imitation gauloise d'Emporion - Argent - TTB
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Tête féminine (Tanit ou Perséphone) à gauche portant une couronne d'épis de blé et une boucle d'oreille à triple pendant.
Cheval debout à droite, couronné par Nike, ailée, volant au-dessus de lui.
Rarissime imitation, certainement gauloise, des drachmes d'Emporion au cheval debout. Emporion est une colonie fondée par les Phocéens au VIe siècle av. J.-C., peu après celle de Massalia (Marseille), dans la pointe Est de l'actuelle Espagne. Son nom vient du terme éponyme qui désigne un port ou un comptoir de commerce. Entre les IVe et IIIe siècles av. J.-C., Emporion frappe des monnaies dites fractionnaires mais ce système est vite abandonné lorsque la drachme apparait. Les premières drachmes d'Emporion sont d'inspiration carthaginoise. On retrouve au droit la tête d'une femme, peut-être Tanit, portant une couronne d'épis et une boucle d'oreille à trois pendants tandis qu'au revers, le cheval est debout et tourné à droite. L'influence de Carthage à cette période est connue et l'on sait qu'elle s'étend jusqu'au nord des côtes espagnoles. Néanmoins, leur défaite aux Îles Égates et plus généralement lors de la Première Guerre punique (264-241 av. J.-C.) fait reculer leur influence autour de la Méditerranée. A partir de 241 av. J.-C., on aperçoit un changement de style. La tête féminine représentée au droit du monnayage s'apparente désormais plus à Aréthuse qu'à Tanit, elle est tournée vers la droite et des dauphins apparaissent autour du portrait. De même au revers, le cheval carthaginois est peu à peu remplacé par un pégase. La présence de Nike au revers rappelle également le monnayage de Sicile où la déesse est représentée en vol et couronnant le cheval. Toujours au IIIe siècle av. J.-C., les drachmes d'Emporion sont largement imitées et notamment en Gaule. Les différences se retrouvent dans la finesse de la gravure et dans la légende. Notre drachme en est un parfait exemple puisque sa légende, ΕΝΠΟPΕΙΤΩΝ, est erronée. Le deuxième E ne devrait pas s'y trouver. L'évolution du style des imitations se fait en même temps que celui des vrais types. Dans notre cas, la monnaie reprend celui du cheval debout, ce qui nous permet de la dater d'avant 241 av. J.-C. Le style de notre monnaie est raffiné et se rapproche particulièrement de la référence 157 de l'ouvrage de Villaronga et Benages (ACIP 157). En tant qu'imitation, notre drachme est référencée au n° 238 (ACIP 238) et fait partie des premières imitations de ce type, encore très proches des originaux de la cité. Au-delà de son intérêt historique et stylistique, notre drachme est rarissime puisque moins de cinq exemplaires ont été retrouvés dans les ventes de ces dernières années. Quelques exemplaires sont également présents dans les collections publiques dont deux illustrés dans le Moneda Iberica : l'un au British Museum (RPK,Gre.2), mentionné comme imitation et une autre au Gabinet Numismàtic de Catalunya (ref. 20545). MIB 14777, CNH 5, ACIP 238.
ΕΝΠΟPΕΙΤ[ΩΝ]
4.81 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “TTB”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de main en main et de poche en poche, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est, quant à lui, clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
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