Thrace, Tétradrachme, v. 436-410 av. J.-C.
Maroneia - Argent - TTB - HGC:3.2-1526
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Cheval galopant à gauche ; canthare et ethnique au-dessus.
Vigne avec six grappes de raisin dans un carré, le nom du magistrat autour ; le tout dans un carré incus.
Exemplaire unique et de référence. Ce tétradrachme présente quelques marques dues à sa circulation, ainsi qu'une usure liée assez présente. Les détails du cheval ne sont plus complètement présents et la vigne du revers a été usée par cette circulation. Les grappes de raisins ne portent plus le détail des grains. Pour le reste, la monnaie est bien conservée, avec un excellent centrage puisque le grènetis du droit est présent aux 3/4. Au revers, le type a été très bien centré et les lettres du nom du magistrat Deonytos (ΔΕΟΝΥΤΟΣ) sont toutes présentes. Ce tétradrachme est, selon les ouvrages et bases de données de références, une monnaie unique. En effet, Schönert-Geiss ne donne qu'une seule référence pour ce type, une monnaie issue de la collection Fenerly Bey en précisant "nicht bei Egger" (pas chez Egger), afin de signifier qu'elle n'était pas présente dans le catalogue de Brüder Egger lors de la vente de 1912. Illustrée dans ce livre au n°91 ainsi que dans le Corpus Nummorum sous le type n°731 (monnaie n°2368), c'est un moulage qui est chaque fois utilisé. Ce moulage correspond à notre exemplaire, montrant ainsi le pédigrée très ancien de ce tétradrachme, et surtout le prestige qu'elle acquiert par le nom de la collection à laquelle elle a appartenu. De nombreuses monnaies issues de cette collection et vendues en 1912 ont par la suite acquises une renommée supplémentaire en passant par d'autres collections prestigieuses. Ce tétradrachme, quant à lui, n'avait jamais été revu avant la publication de l'ouvrage d'E. Schönert-Geiss, qui a eu accès à ce moulage en tant que membre de l'Académie des Sciences de Berlin, où il est conservé. Sans aucune trace dans les archives numériques de vente, nous supposons que la monnaie s'est transmise entre un ou plusieurs collectionneurs privés depuis 1912 sans passer par des ventes aux enchères. Frappée à Maroneia, en Thrace antique, toujours en Grèce aujourd'hui, dans la région de Macédoine-Orientale-et-Thrace, l'iconographie monétaire est parfaitement représentative de la cité, située sur des hauteurs face à la mer Égée. Au droit, on trouve le rappel du nom de la cité par "ΜΑΡΩΝ". Le cheval au galop pourrait être un rappel de la tradition et des croyances de la région dans le "cavalier thrace", héros et divinité vénéré par les habitants tout au long de la période antique. Cependant, il peut également s'agir d'un rappel du mythe des juments carnivores de Diomède, roi de Thrace, qu'Héraclès est chargé de ramener au roi Eurysthée pour le huitième de ses douze travaux. Au-dessus du cheval, le canthare, vase en céramique destiné à boire le vin, est un subtil rappel du revers et du lien qu'entretient la cité avec le dieu Dionysos, qui serait l'inventeur de ce vase selon certains mythes. Quant au revers, il est bien plus lié à la cité, grande productrice de vin durant l'Antiquité, qui était réputé dans tout le monde Grec comme ayant des arômes de nectar. Selon son mythe fondateur, c'est Maron, prêtre d'Apollon, qui serait le fondateur de la cité. Il était surnommé le "héros du vin doux", et, selon certaines versions, était le fils de Dionysos, membre de son cortège dionysiaque dont on trouvait déjà l'évocation avec le canthare. Le lien entre la cité et le dieu était d'une grande importance pour aller jusqu'à représenter au fil des années et mêmes des siècles le dieu et ses symboles, dont on sait qu'il y était vénéré comme en témoignent aujourd'hui les ruines du sanctuaire qui lui était dédié. Une monnaie d'exception par sa rareté comme par sa provenance, qu'elle soit de frappe ou de collection, et digne des plus grandes collections de monnaies grecques ! HGC 3.2, 1526 ; CN Type 731 & CN Coin 2368 (cet exemplaire) et Schönert-Geiss 91, V5/R6 (cet exemplaire). Ex Collection Daniel Féret (Vinchon, 24-25 novembre 1994, lot 232) = Collection de la Comtesse de Béhague (Vinchon, 14 avril 1984, lot 83) = Collection Fenerly Bey (non présentée lors de la vente Egger, Vienne, 18 novembre 1912). Collection Faune d'Argent.
Μ - ΑΡΩΝ
ΔΕΟ - ΝΥ - Τ - ΟΣ (ΔΕΟΝΥΤΟΣ)
14.1 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “TTB”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de main en main et de poche en poche, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est, quant à lui, clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
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