Crète, Statère, 330-270 av. J.-C.
Gortyne - Argent - TTB
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Europe, drapée, assise sur le tronc d'un platane sans feuille à droite.
Taureau debout à droite, la tête tournée vers l'arrière.
Rare statère de Gortyne frappé sur l'étalon éginétique. L'iconographie du monnayage de la cité est majoritairement inspirée de la mythologie grecque et notamment du mythe d'Europe et Zeus. Zeus, tombé amoureux d'Europe, princesse de Tyr, se serait transformé en taureau pour la séduire. Une fois monté sur son dos, il l'aurait emmené en Crète. Leurs enfants, Minos, Sarpédon et Rhadamanthe, auraient été conçus sous un platane à Gortyne. Le monnayage de cette cité reprend donc différents éléments du mythe. On retrouve par exemple la tête de Zeus, celle d'Europe, le taureau, le platane ou encore la scène d'enlèvement d'Europe. Au droit de notre monnaie, on retrouve Europe et le platane, et au revers, un taureau en lequel Zeus s'est transformé. Les statères de la période représente le taureau et Europe dans diverses positions. Ainsi, notre monnaie se rapproche particulièrement des références 56 et 57 de l'ouvrage de Svoronos. Il semble également que les coins utilisés pour notre monnaie sont peu souvent rencontrés. Nommée dans l'Iliade d'Homère, Gortyne est particulièrement importante dans les mythes puisqu'elle se trouve au pied du mon Ida, où a grandi Zeus. Gortyne est aussi l'une des plus puissantes cités de Crète et existe depuis des millénaires. En conflit avec Cnossos à partir de 323 av. J.-C., elle deviendra la plus importante ville de l'île, notamment après 67 av. J.-C., lorsque les Romains conquièrent la Crète. Ce statère oblong témoigne de l'importante influence de la mythologie dans l'iconographie et l'identité des cités de Crète et notamment celle de Gortyne.
11.68 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “TTB”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de main en main et de poche en poche, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est, quant à lui, clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
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