Portugal, Sebastião I, Engenhoso
Non datée - Lisbonne - Or - SUP - Friedberg:40
Vendue
Écu couronné du Portugal.
Grande croix de l'ordre du Christ coupant la légende.
Magnifique et rarissime exemplaire d'un engenhoso non daté de Sebastião Ier de Portugal, sur un flan large et légèrement décentré ! Ces monnaies, parmi les plus rares et les plus intéressantes de la numismatique portugaise, de part leur histoire peu commune, sont extrêmement recherchées des collectionneurs et passent rarement en vente. Il s'agit de la première tentative portugaise de remplacer la frappe au marteau, dont le résultat esthétique ne relevait pas les attentes et dont l'irrégularité des flans permettait un rognage bien trop fréquent, causant d'importantes pertes. En 1562 est ordonné à João Gonçalves, dit l'Ingénieux, de procéder à une refonte générale de tout l'or de la Casa de Moeda (Maison de la Monnaie Portugaise) en vue de fabriquer ces nouvelles émissions par un nouveau procédé de fonte, plus complexe, plus long et plus couteux, mais au résultat jusqu'alors inégalé en terme de qualité. Les monnaies ainsi obtenues on certes l'aspect légèrement granuleux typique des monnaies coulées, mais sont d'un diamètre très régulier et présentent une tranche aux arrêtes saillantes, difficiles à falsifier et à couper de façon discrète. De plus un grènetis extérieur très marqué a été ajouté au droit comme au revers, afin de compliquer le vol par rognage. Cette fascinante innovation technique s'avère néanmoins trop onéreuse par rapport à la frappe au marteau qui était la norme à cette période. L'engenhoso sera abandonné en 1566, après moins de cinq années de production, faisant de ces types des raretés, dont le nombre en circulation sur le marché numismatique se compte probablement de nos jour sur les doigts d'une main. Toutes les émissions sont datées sauf une, et seul le millésime 1564 n'est pas connu pour cette série. Faut-il en conclure qu'il s'agit de celle pour l'année manquante ou bien d'une frappe postérieur, peut-être pour 1567 ? Exemplaire issu de la collection Abecassis, vente Sotheby's, Genève, 10 novembre 1986, lot n°7. Gomes 64.04, JS Se.11.
SEBASTIANVS·I·R·PORTVG
+IN HOC SIGИO VĨCES
3.79 gr
De l’or
Si de nos jours l’or s’est fait un nom en tant que roi des métaux précieux, ce ne fut pas toujours le cas. En effet, par exemple, dans la Grèce antique, le bronze de Corinthe lui était largement considéré comme supérieur. Pourtant, avec le temps, il a su s’imposer comme le prince de la monnaie même s’il se dispute fréquemment la première place avec l’argent au titre d’étalon.
Pourtant, d’autres métaux semblent bien plus précieux que cette paire, comme le rhodium ou le platine. Certes. Mais si le minerai n’est pas assez disponible, comment fabriquer des monnaies en quantité suffisante ? Il s’agit donc là d’un équilibre subtil à trouver entre rareté et disponibilité.
Mais il y a mieux, l’or est non seulement quasiment inaltérable, quelles que soient les conditions de stockage (et le fond des poches n’est pas le plus précieux des écrins) mais également malléable (les coins et les graveurs le remercient).
Voici donc le cocktail idéal pour battre monnaie sans tarder, et on ne s’en est pas privé !
Son nom vient du latin aurum et son symbole chimique est Au. Son origine est probablement extra-terrestre, il s’agirait en effet de poussière d’étoiles dégagée suite à une collision violente entre deux étoiles à neutrons. Non seulement précieux, mais également poète…
Les premières monnaies en or furent frappées par les rois Lydiens, probablement entre le VIIIème et le VIème siècle av. J.-C.. Si de nos jours les seules frappes en or sont celles de monnaies d’investissement (monnaies lingots) ou en tant que séries limitées à destination des collectionneurs, ce ne fut pas toujours le cas. Et l’or circula longuement de mains en mains et d’époque en époque, des gisements aurifères antiques du fleuve Pactole aux premières années du XXème siècle.
En tant que métal précieux, au même titre que l’argent, l’or est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Même si, de nos jours, la valeur pour le collectionneur dépasse fréquemment largement celle du métal…
Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’or, au naturel trop malléable, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’or entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’or à 999‰, soit 999 parts d’or pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “SUP”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de cette abréviation de prime abord obscure, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Superbe
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que si la pièce de monnaie a circulé, ce fut suffisamment peu pour que sa beauté originelle en soit presque intégralement préservée. L’usure est très peu visible et aucun autre défaut n’est a priori décelable sauf à disposer d’une loupe et d’un regard particulièrement affûté.
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