Vespasien, Aureus, 69-70
Frappe incertaine de l'Ouest - Extrêmement rare - Or
Vendue
Tête de Vespasien, laurée, à droite.
Concordia assise à gauche, tenant une patère et une corne d'abondance.
Un aureus d'une absolue rareté ! Seuls deux exemplaires ont été vu dans des ventes pour les collectionneurs privés, et un troisième exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale de France ! C'est par ailleurs le même coin de revers que l'exemplaire RIC I² Vespasian 1349 actuellement conservé au British Museum. Identifié comme ayant été frappé dans le tout début du règne de Vespasien, cet aureus au type de Concordia, qui est un type commun dans le monnayage impérial à la fin du Ier siècle de notre ère, apparait en fait à la toute fin de la période julio-claudienne sous Néron, avant de se diffuser chez les empereurs suivant. C'est donc un des tous premiers exemples, pour la frappe d'aurei, du type de Concordia, déjà adopté par ses prédécesseurs de l'année "des 4 empereurs", Galba et Vitellius. Le portrait attire particulièrement l'attention, dans un style que l'on pourrait qualifier de "pré-flavien", on ne reconnait pas parfaitement le trait habituel de Vespasien que l'on retrouve dans les frappes de l'atelier de Rome. Et pour cause, l'atelier de frappe de cette monnaie nous est inconnu, seule une datation au tout début du règne de Vespasien est admise. Il semble donc que cette monnaie, et les deux autres exemplaires connus, fassent parties de séries monétaires extrêmement restreintes, en tout cas pour l'or. Peut-être frappées dans des conditions moins officielles, ou dans un atelier secondaire, comme les émissions de l'atelier de Tarraco dont nous pouvons citer le RIC I² Vespasian 1297, dont le portrait est très éloigné des portraits flaviens, nous avons donc ici une absolue rareté dans le monnayage de Vespasien. Elle est caractéristique du début de son règne, où malgré son intention de s'imposer comme le restaurateur de la paix, en opposition au chaos créé par Othon, Galba et Vitellius, il n'oublie pas de s'inscrire dans les traces de ses prédécesseurs en frappant des monnaies aux mêmes types afin d'assurer une continuité, de ne pas créer de rupture dans l'esprit de ceux qui vont recevoir les monnaies, en premier lieu les légions romaines à son service, mais aussi celles qui le rejoignent plus tard.
IMP CAESAR VESPASIANVS AVG
CONCORDIA AVG
7.41 gr
De l’or
Si de nos jours l’or s’est fait un nom en tant que roi des métaux précieux, ce ne fut pas toujours le cas. En effet, par exemple, dans la Grèce antique, le bronze de Corinthe lui était largement considéré comme supérieur. Pourtant, avec le temps, il a su s’imposer comme le prince de la monnaie même s’il se dispute fréquemment la première place avec l’argent au titre d’étalon.
Pourtant, d’autres métaux semblent bien plus précieux que cette paire, comme le rhodium ou le platine. Certes. Mais si le minerai n’est pas assez disponible, comment fabriquer des monnaies en quantité suffisante ? Il s’agit donc là d’un équilibre subtil à trouver entre rareté et disponibilité.
Mais il y a mieux, l’or est non seulement quasiment inaltérable, quelles que soient les conditions de stockage (et le fond des poches n’est pas le plus précieux des écrins) mais également malléable (les coins et les graveurs le remercient).
Voici donc le cocktail idéal pour battre monnaie sans tarder, et on ne s’en est pas privé !
Son nom vient du latin aurum et son symbole chimique est Au. Son origine est probablement extra-terrestre, il s’agirait en effet de poussière d’étoiles dégagée suite à une collision violente entre deux étoiles à neutrons. Non seulement précieux, mais également poète…
Les premières monnaies en or furent frappées par les rois Lydiens, probablement entre le VIIIème et le VIème siècle av. J.-C.. Si de nos jours les seules frappes en or sont celles de monnaies d’investissement (monnaies lingots) ou en tant que séries limitées à destination des collectionneurs, ce ne fut pas toujours le cas. Et l’or circula longuement de mains en mains et d’époque en époque, des gisements aurifères antiques du fleuve Pactole aux premières années du XXème siècle.
En tant que métal précieux, au même titre que l’argent, l’or est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Même si, de nos jours, la valeur pour le collectionneur dépasse fréquemment largement celle du métal…
Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’or, au naturel trop malléable, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’or entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’or à 999‰, soit 999 parts d’or pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité "TTB+"
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de mains en mains et de poches en poches, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est quant à lui clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
Mais pourquoi ce plus accolé à cette double beauté nous direz-vous ?
Ce petit “plus” indique qu’il s’en est fallu de peu pour que l’article de collection ici présent n’accède à un rang supérieur de qualité lors de l’évaluation réalisée par nos experts. Un Très Très Bel article quasiment SUPerbe, donc…
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