Postume, Antoninien, 261
Trèves - Inédit - Billon - TB - RIC:--
Vendue
Buste de Postume, casqué et radié, cuirassé, à droite.
Postumus, casqué, en tenue militaire, debout à gauche, tenant un globe dans la main droite et une longue lance pointant vers le haut dans la main gauche.
Antoninien d'une rareté exceptionnelle ! Il semble être le seul exemplaire connu pour cet assemblage de types. Nous voyons au droit le rarissime buste de Postume coiffé d'un casque et d'une couronne radiée, une gravure qui ne se retrouve que sur une très courte période, au début de l'année 262, en dehors d'un exemplaire de double sesterce frappé au cours de l'année 261 (n°77 dans RIC V.4, The Gallic Empire). Or, nous avons ici un antoninien. Les antoniniens portant le revers à la titulature pour le deuxième consulat ("COS II"), ne sont frappés qu'en 261, mais toujours associé à la légende de droit "IMP C POSTVMVS P F AVG", ainsi qu'un portrait uniquement radié (n°60 dans RIC V.4, The Gallic Empire / RIC V Postumus 54). Nous retrouvons dans la chronologie des frappes de Postume des aurei aux types aux portraits casqués et seulement cuirassés frappés entre la fin de l'année 260 et 261, à la légende "VIRTVS POSTVMI AVG" (n°44 à 48 & 50) dans le RIC V.4, The Gallic Empire), ayant une ressemblance avec notre portrait ici, mais n'étant pas radiés. Les portraits associant casque et couronne radié se retrouvent uniquement sur les doubles sesterces frappés entre la fin 260 et le début 262, et l'empereur est toujours drapé en plus d'être cuirassé sur ces types (n°181 ; 183 et 185 dans RIC V.4, The Gallic Empire) Cet exemplaire est donc une association qui semble inédite, puisque l'ouvrage issu de la thèse de J. Mairat (RIC V.4, The Gallic Empire), la référence la plus récente sur le monnayage de Postume, n'en fait aucunement mention. Plusieurs possibilités s'ouvrent alors, peut-être un coin de droit transitoire ou d'urgence, avant celui au portrait radié (RIC V Postumus 54) qui aurait été regravé en ajoutant la couronne au casque, à partir des coins d'aurei par exemple. On peut aussi supposer un essai de frappe, mais cela reste très incertain. Enfin, il serait aussi probable que cette monnaie soit née une association de coins destinée à produire une imitation contemporaine. En effet, il existe de nombreux exemplaires d'antoniniens ayant cette caractéristique. Un argument en cette faveur est la juxtaposition de la date du deuxième consulat de Postume (l'année 261), et l'apparition dans son monnayage, du portrait casqué et radié (début 262). Une imitation qui aurait pu donc être frappée après 262, en reprenant ces types de droit et revers déjà en circulation.
VIRTVS POSTVMI AVG
P M TR P COS II P P
2.84 gr
Postume
- Empereur des Gaules / Usurpateur romain : 260 - 269 apr. J. -C.
- Période : Les Trente Tyrans
La date de naissance de Marcus Cassianus Latinius Postumus nous est inconnue et ses origines restent obscures (probablement gauloises). Gouverneur d’une province de Gaule, il aide l’empereur Gallien à repousser les attaques des Francs aux frontières de l’Empire. Galvanisées par son succès, ses troupes le proclament empereur en 260.
Mais, contrairement à d’autres avant et après lui, au lieu de revendiquer l’Empire tout entier, il se contente de créer l’Empire des Gaules et d’établir sa capitale à Cologne. Et l’Empire romain est suffisamment instable pour qu’à défaut de lui reconnaître une certaine légitimité, Gallien lui octroie une tranquillité certaine. Si l’armée l’a fait empereur, c’est elle qui l’assassine en 269 suite à une sédition alors qu’il tente de dissuader ses troupes de piller la cité de Mayence.
Economie et monnaie
Si le règne est partiel et sa légitimité toute relative, Postume s’avère relativement actif sur le plan monétaire. L’empereur des Gaules est tout à fait romain dans l’âme et sa monnaie l’est également. Ayant à sa disposition des mines d’argent en Espagne et son territoire comprenant deux gros ateliers monétaires, Cologne et Trèves, il émet des aurei et des constantiniens de meilleur aloi que ceux émis par Rome. Cela lui permet de juguler, un temps tout du moins, l’inflation galopante. En revanche son double sesterce en bronze est un échec, trop peu lourd par rapport au “simple” sesterce.
Illustration : gravure extraite du livre "Portraits des empereurs romains" réalisée par Giovanni Battista de'Cavalieri (1592)
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