Sicile, 5ème Démocratie, 12 Litrai
214-212 av. J.-C. - Syracuse - Argent - TTB+
Vendue
Tête d'Athéna à gauche, portant un casque corinthien à crête, une boucle d'oreille en forme de T et un collier de perles.
Artémis debout à gauche, vêtue d'un chiton court, portant un carquois rempli de flèches dans le dos et bandant son arc ; à ses pieds, un chien de chasse bondissant vers la gauche ; MI à gauche.
Monnaie de 12 Litrai extrêmement intéressante, avec de superbes représentations, très bien conservées. Elle a été frappée à Syracuse au cours de la courte période de la Cinquième Démocratie, avant la prise de la cité à l'issue du siège organisé par Rome. Elle fait figurer au droit le portrait d'une Athéna casquée, l'une des divinités protectrice de la cité dont un temple de grande importance avait été érigé dès le début du Vème siècle par le tyran Gélon après la victoire d'Himéra. Son culte est d'une grande importance, en particulier dans ce moment de trouble, car la période de frappe correspond au siège de Rome sur la cité entre 213 et 212 av. J.C. Cette image renvoie alors peut-être à un appel à la divinité dans sa fonction de protectrice de la cité de Syracuse, et, par sa fonction de guerrière, son aide et son action en faveur des Syracusains pour faire face au péril du moment. Au revers, on trouve une Artémis se tenant à gauche, en pleine chasse, avec son arc bandé et prête à décocher sa flèche, et à ses pieds son chien, également prêt à se jeter sur sa proie. Cette représentation est là pour rappeler qu'Artémis est une autre divinité protectrice de la cité et vénérée dans la cité. Les fouilles archéologiques ont également montré l'existence d'un temple dédié à Artémis accolé à celui d'Athéna, et les sources textuelles antiques nous apprennent l'existence de célébrations religieuses en l'honneur de la déesse, bien que cela soit beaucoup moins connu que pour le temple d'Athéna. Enfin, la présence de son culte sur l'île est d'autant plus attesté que 200 ans plus tard, à partir de 15 av. J.C., Auguste fait frapper des monnaies au type de Diane de Sicile, au repos ou en chasse, avec son chien à ses côtés, rappelant fortement notre iconographie et laissant entrevoir l'implantation et la longévité du culte de la déesse dans la cité et sur l'île dans son ensemble. Burnett, Enna Hoard 11, (Coins 3/f) ; SNG Copenhagen 877 ; Ars Classica-Naville XII, 1033 (mêmes coins) ; de Molthein 593 (mêmes coins) et Ward & Hill (1902), 347 (mêmes coins). Collection Faune d'Argent.
MI / ΣΥΡΑΚΟΣΙΩΝ
10.2 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité "TTB+"
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de mains en mains et de poches en poches, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est quant à lui clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
Mais pourquoi ce plus accolé à cette double beauté nous direz-vous ?
Ce petit “plus” indique qu’il s’en est fallu de peu pour que l’article de collection ici présent n’accède à un rang supérieur de qualité lors de l’évaluation réalisée par nos experts. Un Très Très Bel article quasiment SUPerbe, donc…
Dans la même collection
Tous les produits