Sicile, Tétradrachme, v. 410-406 av. J.-C.
Agrigente - Signée - Argent - TTB+
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Quadrige à droite conduit par un aurige vêtu d'un long chiton, l'épaule droite nue ; il tient les rênes des deux mains et un kentron de la main droite ; les chevaux galopent dans un mouvement vif, la tête baissée ; la tête du troisième cheval est tournée vers le deuxième ; au-dessus, une Nike vole à gauche en tenant des deux mains une couronne végétale, couronnant l'aurige; dans l'exergue, crabe vu d'en haut.
Ethnique АΚΡАΓA vers le haut, en petites lettres, commençant sur le côté gauche en suivant le bord de la pièce ; couple d'aigles à gauche, tête du premier fortement ramenée vers l'arrière, ailes fermées ; sur la plume la plus basse de l'aile, la signature du graveur ΠΟΛΥΑΙ ; deuxième aigle visible derrière le premier, ailes déployées et tête penchée sur le lièvre. Dans leurs griffes, grand lièvre mort sur un tas de pierres, plante à côté.
Chef-d’œuvre de l'art numismatique de la Grèce antique d'une grande rareté. Réalisée par le maitre Poly(ainos ?), la monnaie présente une composition et des détails d'une grande richesse. D'un centrage remarquable pour ce type, avec un flan presque rond, le tétradrachme est couvert d'une splendide patine grise sombre. Le graveur officiait en même temps qu'un autre maitre graveur, Myron (MYP; Westermark 583), dont le travail était tout aussi distingué. Le quadrige au droit est remarquable, la puissance dégagée par les chevaux qui se regardent dans leur course est saisissante. Au revers la paire d'aigles, animal emblème de la cité d'Agrigente, est remarquablement détaillée, en particulier leurs plumages d'un grand réalisme. Datée entre 410 et 406 av. J.-C., cette monnaie aurait été réalisée par le maitre graveur d'Agrigente Polyainos pour célébrer la deuxième victoire de l'athlète originaire de la même cité, Exainetos. Vainqueur aux Jeux Olympiques de 416 et 412 av. J.-C. dans l'épreuve du Stadion (épreuve de course à pied sur 192m), il est raconté que l'entrée dans la ville de l'athlète après cette seconde victoire a été célébrée par un triomphe rassemblant 300 chars, tous tirés par deux chevaux blancs. Une monnaie d'une grande rareté, avec seulement une dizaine d'exemplaires connus ! Elle présente deux types comparables à des œuvres d'arts de la numismatique antique, réalisée dans un contexte de glorification de la cité d'Agrigente par la victoire de son athlète aux Jeux Olympiques, le concours sportif le plus reconnu de l'Antiquité, faisant bénéficier à la cité d'une renommée remarquable par l'écho qu'une telle victoire a pu avoir. Westermark 587.1 (O4/R5) ; SNG Lloyd 819 (mêmes coins) = Kraay-Hirmer 176 ; Rizzo Pl. II, 2 & fig. 20, p.89 (mêmes coins) et NFA 20, 1988, 620 (mêmes coins). Ex Delorme-Fraysse-Weil, 26 mai 1997, lot 1. Collection Faune d'Argent.
АΚΡАΓ-[А] / ΠΟΛΥΑΙ
17.25 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité "TTB+"
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de mains en mains et de poches en poches, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est quant à lui clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
Mais pourquoi ce plus accolé à cette double beauté nous direz-vous ?
Ce petit “plus” indique qu’il s’en est fallu de peu pour que l’article de collection ici présent n’accède à un rang supérieur de qualité lors de l’évaluation réalisée par nos experts. Un Très Très Bel article quasiment SUPerbe, donc…
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