Lycie, Dynaste incertain, Statère
v. 500-450 av. J.-C. - Pedigree - Argent - TTB
Vendue
Sphinx assis à gauche sur une base, levant la patte droite.
Crabe dans un carré incus.
Très beau statère ! Il est légèrement décentré, a subi une usure de circulation plutôt visible et, malgré la tête du sphinx hors-champ, reste agréable à l’œil. On perçoit encore le style archaïque avec les ailes représentées par des points et non des plumes comme cela est fait plus tardivement. Le crabe au revers est dans un superbe état de conservation, les pattes sont encore parfaitement visibles et la gravure est très réaliste. C'est l'unique exemplaire connu avec cette combinaison de coins et sans doute le crabe le mieux gravé des rares statères au sphinx et au crabe dont l'autorité émettrice lycienne reste indéterminée. Les exemplaires rencontrés dans les archives de ventes numériques présentent un crabe à la gravure peu soignée et bien moins emprunte de réalisme en comparaison de cet exemplaire. Ce statère présente une grande rareté en tant qu'exemplaire unique pour ces types, avec une belle gravure et surtout un pédigrée des plus prestigieux. En effet, il s'agit de l'exemplaire possédé par le Professeur Samuel Pozzi, l'un des plus grands collectionneurs de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, dont l'inventaire de collection fait aujourd'hui office d'ouvrage de référence dans le monnayage grec tant elle était riche de raretés. Avant cela, la monnaie était possédée par le célèbre archéologue, universitaire et marchand d'antiquités grecques Athanasios Rhousopoulos (1823-1898). Il est l'une des figures clé dans l’émergence des premières générations d'archéologues grecs au XIXème siècle pour les études qu'il a pu mener notamment à Athènes. Il reste néanmoins une figure controversée car, en tant que marchand d'art, il a participé à la dispersion de nombreux biens archéologiques tant il était impliqué dans le milieu de la négoce d'antiquités. Cette monnaie de sa collection fut probablement mise au jour lors de fouilles archéologiques (sans doute en Asie Mineure), et il l'aurait alors acquise par le biais de ses connexions avec les personnes menant ces fouilles, ou celles avec le milieu du marché de l'art, dans lequel il était très implanté et qui lui permettait de côtoyer la haute société européenne. Ex Collection Armand Trampitsch (Vinchon, 13-15 novembre 1986, lot 232) = Collection Chandon de Briailles (Emile Bourgey, 17 Juin 1959, lot 551) = Collection Henry de Nanteuil (Florange & Ciani, 1925, lot 549) = Collection Pozzi (Ars Classica - Naville, 14 mars 1921, lot 2747) = Collection Athanasios Rhousopoulos (Jacob Hirsch, 15 mai 1905, lot 4186). Collection Faune d'Argent.
9.02 gr
Grèce antique : époque archaïque
L’époque archaïque de la Grèce antique succède aux âges obscurs. La date souvent retenue pour ses débuts serait la date des premiers Jeux olympiques, en 776 av. J.-C. Elle se termine avec les Guerres médiques, 3 siècles plus tard.
Il s’agit d’une période de fondation avec la structuration politique des cités grecques (Polis) et leurs agoras. Cette période marque également la colonisation de vastes territoires, notamment autour du bassin méditerranéen et sur les bords de la mer Noire. C’est l’époque des auteurs tels qu’Homère ou Hésiode, celle de Thalès et celle de l’apparition des héros fondateurs de cités. C’est également le début de l’ère des comptoirs commerciaux, de l’alphabet grec, de la naissance de la démocratie à Athènes, des premiers textes juridiques écrits et, bien sûr, celui de la monnaie.
La monnaie
S’il est UNE période importante dans laquelle la numismatique trouve sa source et la monnaie son creuset, c’est bien la période archaïque. En effet, en trois siècles, plusieurs méthodes utilisées pour les transactions commerciales vont se côtoyer et peu à peu évoluer jusqu’à devenir monnaie à part entière.
Le troc, tout d’abord. Puis, venu de Mésopotamie en passant par les routes commerciales phéniciennes, l’usage du “Hacksilber” autrement dit de l’argent, d’origine diverse, bijoux et objets compris, et dont le poids et la pureté sont difficiles à évaluer. Pour faciliter son usage, on finit donc par créer des sachets scellés dont le poids et la pureté du métal ont été au préalable contrôlés.
Et en toute logique, suivit donc la monnaie.
Elle est probablement née vers 640 av. J.-C. en Lydie, en Asie Mineure (actuelle Turquie). D’abord en électrum, un alliage d’or et d’argent, on la standardise et on attribue des dénominations. Son usage reste dans un premier temps local et peu pratique pour les petits achats du quotidien. La plus petite dénomination, 1/96ème de statère, représentant tout de même 2 jours de salaire. Peu à peu, la teneur en or de l’alliage s’appauvrit et on finit par évoluer vers un bimétallisme or et argent. C’est probablement à ce moment-là, lorsque des monnaies en argent commencent à être émises et permettent enfin les petits achats, que son usage commence à se répandre et prendre de l’ampleur dans le monde grec, au détriment du “Hacksilber”.
Les types sont multiples, les étalons aussi. Les émetteurs ne sont dans un premier temps probablement pas tous des États ou des Cités mais aussi des particuliers fortunés. Au niveau du style on constate tout de même quelques similitudes, souvent des animaux à l’avers et un poinçon avec frappe incuse au revers.
Vers 500 av. J.-C., il semble que les émissions se régulent quelque peu, étant désormais réservées à des entités étatiques. En Egée du sud, on note notamment l’émergence, vers la fin du VIème siècle, des monnaies frappées par Egine et sa tortue à l’avers et celles de Corinthe et son Pégase. Puis vient Athènes qui, après quelques types erratiques, émet sa célèbre chouette en parallèle d’une démocratie naissante, posant ainsi les bases d’un monnayage usant d’une sémiotique communautaire et civique qui perdure encore de nos jours.
De cette période, il faut donc retenir la pose de fondations essentielles mais également la diversité et l’absence d’unicité de l’usage monétaire qui ne viendra qu’un peu plus tard. Comme toute chose en Grèce antique, le Chaos précède l’ordre.
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “TTB”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de main en main et de poche en poche, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est, quant à lui, clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
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