Thrace, Tétradrachme, v. 352-351 av. J.-C.
Abdère - Argent - TTB+ - HGC:3.2-1208
Vendue
Griffon couché à gauche, les ailes déployées et la patte avant gauche relevée.
Artémis drapée, debout à droite, tenant un arc dans la main gauche avec une flèche encochée, et dans la main droite une branche feuillue. Debout à ses côtés, un cerf ou une biche.
Polykrates magistrat. Tétradrachme très attrayant présentant un léger tréflage au revers, orné d'une patine de médailler très agréable rehaussée de quelques reflets iridescents et frappé sur un étalon Perse. L'Artémis est sans doute le plus bel élément de la monnaie, représentée ici par sa fonction de chasseresse (Hêgêmónê, « Conductrice » ou Agrotera "des animaux sauvages de la campagne"), avec son arc à la flèche encochée, et l'un de ses animaux symboliques (cerf ou biche selon l'interprétation), à ses côtés. Dans son autre main, une branche feuillue, certainement de laurier, peut également être interprétée comme une branche de myrte ou de saule, deux autres plantes liées à la divinité. Il s'agit d'une iconographie tout à fait remarquable, dans le style typique de la période. La cité d'Abdère fut nommée du nom du compagnon d'Héraclès tué par les Juments de Diomède, et dont le mythe fondateur veut qu'il ait fondé la cité pour l'honorer. Historiquement issue d'une double fondation, la cité l'est une première fois par des colons venus de Klazomenai. Suite à l'échec de la cohabitation avec les Thraces, ce sont d'autres colons venant de sa voisine Téos quelques années plus tard qui lui redonnent un second souffle et en font une cité prospère tout au long de la période Classique et Hellénistique. Cité avec un port très important, elle fait commerce sur toutes les rives de la Méditerranée et frappe de nombreuses monnaies qui se retrouvent sur tout le pourtour. Notre exemplaire fut frappé au milieu du IVème siècle av. J.-C., à la transition entre l'indépendance de la cité alors sous l'influence athénienne et la conquête de la région par Philippe II de Macédoine. HGC 3.2, 1208 ; Pozzi 1091 (Vente) & 2282 (Coll.) ; Jameson 2006 (mêmes coins) ; CN Type 6015 ; SNG Lockett 1048 ; May, The Coinage of Abdera, 458-459, pl. 21 (c. 386/385-375 BC) ; Chryssanthaki-Nagle, L'histoire monétaire d'Abdère en Thrace, p. 127 (350-349 BC) et Babelon Traité, 1394, pl. 137, 8. Ex A. Tkalec AG, Zürich, Suisse, 25 Octobre 1996, lot 23. Collection Faune d'Argent.
ΑΒΔΗΡΙ
[Π]ΟΛΥΚΡΑΤΗΣ
11.35 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité "TTB+"
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de mains en mains et de poches en poches, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est quant à lui clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
Mais pourquoi ce plus accolé à cette double beauté nous direz-vous ?
Ce petit “plus” indique qu’il s’en est fallu de peu pour que l’article de collection ici présent n’accède à un rang supérieur de qualité lors de l’évaluation réalisée par nos experts. Un Très Très Bel article quasiment SUPerbe, donc…
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