Tribu Thraco-Macédonienne, Derrones, Dodécadrachme
v. 475-465 av. J.-C. - Argent
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Homme assis dans un chariot tiré par un bœuf, avançant à droite, tenant les rênes de la main gauche et la main droite tendue ; au-dessus, casque corinthien à crête à droite ; au-dessous du bœuf, ornement inconnu, ressemblant à une volute en forme de S dont chaque extrémité est terminée par trois rayons.
Triskèle sinistrogyre, fait de jambes humaines; entre les jambes, des ornements floraux.
Dodécadrachme (ou tétrastatère) frappé par la tribu des Derrones, dont le territoire se trouvait dans la région Thraco-macédonienne. Plusieurs éléments nous laissent penser que le droit de notre exemplaire est complètement inédit, non publié dans les ouvrages de références, notamment le Svoronos. Le revers, d'abord, présente un triskèle à jambes, type récurrent dans cette région, et déjà connu pour la tribu des Derrones. La particularité concerne les ornements floraux placés entre les jambes, qui sont beaucoup plus rare. On les retrouve sur les revers des exemplaires du Svoronos 9; Pl. I, n°10-11. Ces éléments décoratifs disparaissent des types par la suite. Ce revers est connu et référencé, et de rares exemplaires peuvent être retrouvés dans les ventes de ces vingt dernières années. Pour ce qui est du droit, selon nous, il est tout à fait inédit, non référencé et non publié à ce jour. Plusieurs éléments nous pousse à penser cela, avec en premier lieu les bras du conducteur de l'attelage. Dans les multiples exemplaires trouvables dans les ventes, ceux-ci montrent majoritairement que les rênes de l'attelage ne sont visibles que partiellement, venant se perdre derrière le bœuf au niveau de l'arrière-train. Ici, nous observons distinctement la ligne des rênes de l'attelage arriver jusqu'à la main du conducteur. Cette main gauche, bien distincte, est placée de sorte à ce que nous ne distinguions pas le bras plié à 90°. Seul l'avant-bras de l'homme est visible, bien horizontal. Or, sur tous les exemplaires retrouvés, ce n'est jamais le cas : soit le bras gauche n'est pas visible, soit il l'est, mais légèrement au-delà du coude. Un seul exemplaire a été retrouvé dans ces vingt dernières années avec les rênes complètes et distinctes : H. D. Rauch GmbH, Auction 86, 12 Mai 2010, lot 293. A noter que cet exemplaire présente un revers similaire à notre exemplaire avec les ornements entre les jambes du triskèle. La deuxième particularité touche l'autre bras du conducteur, le droit, qui est cette fois ci bien tendu vers l'avant. Nous n'avons retrouvé aucune trace d'un exemplaire présentant cette particularité. Tous les exemplaires de dodécadrachmes observés présentent le bras typique, plié à 90° et l'avant-bras vers le haut, tenant un fouet dans la main. Or, ici, pas de fouet, ou alors, il est invisible, derrière le casque. Selon nos recherches, aucun autre dodécadrachme des Derrones n'a cette particularité, dans les collections privées ou dans les types illustrés dans le Corpus Nommorum, l'ANS ou ARCH. Sous le bœuf, nous observons un symbole dont nous n'avons pas l'interprétation. Comme décrit, nous y voyons une volute en forme de S, où, partant des extrémités des boucles, sont issues trois rayons courbes. Dans le même sens que les caractéristiques précédemment évoquées, nous n'avons pas retrouvé de semblable symbole sur les autres exemplaires illustrés sur les sites d'archives de ventes ou des collections publiques. Un symbole similaire est très rarement retrouvé. Il est interprété comme un ornement floral ou plus souvent un aplustre (aphlaston / acrostolium / akrostolion) et se rapproche de notre motif dans le style. Il est néanmoins très loin de ressembler à cette volute à rayons. Pour terminer, de manière très ténue, sont visibles au droit plusieurs lettres sur les limites du flan. Sous le symbole évoqué au-dessus, l'interprétation reste complexe car seul le haut des lettres apparait. En effet, le sens de lecture est incertain si nous prenons en compte les inscriptions grecques retrouvées sur certains types des Derrones, parfois lisibles de droite à gauche, ou inversement. Nous nous risquons à y voir un "YA", mais sans certitude car sans lien avec l'ethnique habituelle des Derrones. Au-dessus du bras droit de l'homme, nous observons d'autres lettres qui semblent faire plus sens dans la typologie du monnayage de la tribu, avec un "ER" (de gauche à droite). La lettre R est observée par Svoronos, mais il n'est pas exclu qu'il s'agisse d'un R grec, "P". Nous y voyons ici un lien plus solide avec une potentielle inscription mentionnant l'ethnique. Ainsi, ces multiples éléments iconographiques rendent cet exemplaire unique parmi le monnayage extrêmement rare de la tribu des Derrones, tribu dont nous ne savons que très peu de choses. Les découvertes de trésors monétaires tendent à indiquer que leur aire d'influence se trouvait en Macédoine, en Thrace et en Péonie, précisément au nord de la Macédoine, dans la vallée supérieure du Strymon, ou peut être plus au sud. Ce sont les principaux éléments que nous avons à leur propos, et bien que certaines monnaies portent des inscriptions grecques, nous ne savons pas si cette population était hellénophone ou si les inscriptions en grec étaient destinées à faciliter par une confiance de la langue les échanges commerciaux avec les cités plus au Sud. Ex Collection de la Comtesse de Béhague (Vinchon, 14 avril 1984, lot 90). Ex Vinchon, 17-18 décembre 1996, lot 56 = Ex Vinchon, 27 octobre 2000, lot 44. Collection Faune d'Argent.
39.11 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
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