France, Médaille, Louis XIII
Marie de Médicis - Régence - 1611 - Argent - SUP
Vendue
Bustes superposés de Louis XIII enfant et de Marie de Médicis à droite; le roi est tête nu, portant un col haut et retroussé, une écharpe, un collier à la croix de l'Ordre du Saint-Esprit, et une cuirasse; la régente porte un grand col fraisé, les cheveux partiellement couverts d'un voile.
Marie de Médicis représentée en Pallas/Minerve, assise de face, légèrement tournée à gauche, la tête à gauche, casquée, portant une cuirasse et les jambes drapées, brandissant une branche de laurier ou d'olivier de la main droite, et tenant un foudre de la gauche. Devant elle, le roi Louis XIII enfant, debout et nu, la tête rayonnante, tenant un globe crucifère aux armes de France de la main gauche.
Médaille d'une grande splendeur et de la plus grande rareté. Possible exemplaire unique en argent. Anciennement montée, plusieurs marques sur la tranche, à 12h, 1h et 3h, ainsi que quelques hairlines dans les champs. Cette magnifique médaille a été gravée par Guillaume Dupré (157?-1643), graveur royal à la cour d'Henri IV, puis Louis XIII et Louis XIV. Datée de 1611, la période de gravure se situe encore durant la régence de la reine Marie de Médicis, mère de Louis XIII, alors âgé de 10 ans. L'iconographie, d'une richesse incroyable, est décrite dans les différents documents que nous avons pu retrouver à son propos. Marie de Médicis est représentée voilée, portant que ce que l'on appelle "le petit deuil", vêtement porté pour marquer la tristesse de la personne suite à un événement funeste, une représentation qui évoque la perte l'année précédente du roi Henri IV. La partie la plus intéressante de l'iconographie se trouve au revers, puisqu'elle montre Marie de Médicis en Minerve/Pallas, assise sur "un trophée d'armes et de dépouilles prises sur des ennemis" (de Brie, 1636, p. 315), tenant une branche d'olivier symbolisant la paix, et le symbole de la guerre que représente le foudre. Cette représentation nous est expliquée par de Brie : elle marque ce temps où la régente conduit le royaume avec une très grande prudence lui permettant de conserver la paix, alliée à une force qu'elle tient en main pour le défendre contre ses ennemis durant la minorité du roi. En effet, la représentation en Minerve n'est pas anodine, motif déjà utilisé auparavant dans l'iconographie de la Régente, la déesse symbolise l'intelligence et la sagesse, deux traits qui lui sont attribués pour montrer son bon gouvernement du royaume, mais Minerve est également la divinité de la guerre dans ses réflexions stratégiques et la tactique, et illustre la force politique dont elle dispose si cette paix est mise à mal. La représentation prend donc tout son sens lorsqu'on voit le roi représenté sous les traits d'un Apollon enfant, à la tête radiée, tendant ce globe aux armes de France à Minerve. Cela symbolise le Roi confiant le Royaume de France à Marie de Médicis, qui par ses traits et ses attributs saura le gouverner de la meilleure des manières. Ce pouvoir tutélaire exercé sur Louis XIII durant son jeune âge est donc placé sous les signes de la protection du jeune roi et du royaume, de la prudence, de la clémence, de la sagesse, et d'une certaine douceur, mais également d'une fermeté à l'égard de ceux qui menaceraient la paix instaurée durant la régence. Cette représentation, nous en avons l'origine au n°X (p. 309-310) de l'ouvrage de Jacques de Bie. Louis XIII, succédant à son père en 1610, a déclaré lors de son premier Lit de Justice sa mère comme Régente, lui donnant alors l'administration des affaires du Royaume pendant son bas âge. Cette frappe de 1611 est donc un rappel de cette délégation temporaire du pouvoir lors du ou des premiers Lits de Justice du Roi, alors dans sa minorité. Nous retrouvons ce type décrit dans le Mazerolle, n°664, lui-même renvoyant vers l'ouvrage "Trésor de numismatique et de glyptique, Médailles françaises depuis le règne de Charles VII jusqu'à celui de Louis XVI, 2ème partie - Œuvre de Dupré et Warin", par Delaroche P. & Henriquel-Dupont L-P, daté de 1834, se trouvant p. 4, planche V, n°1. A noter que le Mazerolle fait état d'une médaille en argent, mais le Delaroche ne précise pas le métal. La plus ancienne trace de cette médaille que nous avons pu retrouver est l'ouvrage de 1636, écrit par Jacques de Bie évoqué au-dessus, "La France métallique, contenant les actions célèbres tant publiques que privées des rois et des reines remarquées en leurs médailles d'or, d'argent & de bronze. Tirées des plus curieux cabinets. Au tres-chrestien roy de France et de Navarre Louis XIII". Le revers est illustré au n°XIX pour Marie de Médicis (folio 105), et a ses deux faces décrites par l'auteur à la page 315. Notons que la médaille qu'il décrit et dont nous disposons de la gravure de revers est en or (mentionné "AV" sur le folio). C'est une information très intéressante : la médaille existe, ou a existé, dans les trois métaux, et qu'au moins un exemplaire en or a rejoint les collections royales, comme il était coutume de procéder, en plus des médailles d'argent et de bronze probablement produites pour être offertes. Cependant, nous n'avons à ce jour pas retrouvé l'exemplaire en or dans les catalogues en ligne de l'inventaire des médailles de la BnF. Concernant les ventes que nous avons pu retrouver, voici le détail. Le seul exemplaire vendu ces deux dernières décennies, retrouvé dans les catalogues de vente en ligne, était en bronze, chez Baldwin's Auctions, Vente 64, 04/05/2010, lot 295, et aucun exemplaire en argent ne semble avoir circulé dans les ventes depuis le XIXème siècle, selon nos recherches. On retrouve cette médaille dans le catalogue d'inventaire après décès "Histoire métallique de l'Europe, ou catalogue des Médailles Modernes qui composent le Cabinet de feu M. Poulhariés, Écuyer et Négociant de Marseille", daté de 1767, au n°36, p. 16, dans les médailles en argent. La médaille en argent est également mentionnée dans un catalogue d'inventaire après décès en 1863 de Karl Rolla du Rosey (1784-1862) "Die numismatischen Sammlungen an Medaillen und Münzen nebst numismatischer Bibliothek nachgelassen durch weiland Freiherrn Carl Rolas du Rosey...", au n°93, p. 15. Un exemplaire a été vendu en 1867, provenant de la Collection du Docteur M. Gustalla, de Florence : "Objets d'arts et de curiosité, Médailles des XVè & XVIè siècles, Collection de M. le Dr M. G., de Florence", n°370, p.71. Une collection vendue du 14 au 19 janvier 1867 à l'hôtel Drouot, expertisée par C. Rollin, F. Feuardent & C. Mannheim. Cependant nous ne savons pas si l'exemplaire de la collection Gustalla était en argent ou en bronze. Enfin, cela ne concerne pas une vente mais un exposition : nous retrouvons un exemplaire de ce type dans un catalogue publié par la Société Académique de Laon "Exposition de peinture, gravure, médailles & faïences" daté de 1863, et où nous apprenons qu'elle se trouve dans la collection du cabinet de "M. L. Bernard de Paris", n°9, p. 66. De manière intéressante, aucun défaut n'est mentionné, notamment pas de monture, et surtout aucune comparaison n'est faite avec un exemplaire conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France, tandis que pour l'exemplaire n°8, il est dit qu'un exemplaire en or y est conservé. Étant donné que l'ouvrage de Jacques de Bie fait bien état de cette médaille en or conservée dans les collections royales, puisqu'il la commente, nous pouvons tirer deux hypothèses : soit elle est n'est plus présente au Cabinet des Médailles à la fin du XIXème siècle, soit les auteurs n'ont pas connaissance de l'objet lorsqu'ils publient le catalogue. Dans les deux cas, nous avons ici la version en argent de ce module dont le type est de la plus grande rareté et d'un message iconographie des plus intéressants.
LVDOVIC• XIII• R• CHRISTI• MARIA• MEDICEA• AVGVST
ORIENS• A-VGVSTI• TVTRI-CE• M-INERV-A
36.92 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “SUP”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de cette abréviation de prime abord obscure, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Superbe
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que si la pièce de monnaie a circulé, ce fut suffisamment peu pour que sa beauté originelle en soit presque intégralement préservée. L’usure est très peu visible et aucun autre défaut n’est a priori décelable sauf à disposer d’une loupe et d’un regard particulièrement affûté.
La France
- Position géographique : Europe de l’ouest
- Régime politique actuel : République constitutionnelle unitaire semi-présidentielle
- Capitale actuelle : Paris
L’Histoire dans les grandes lignes
Après de longues périodes d’occupations diverses, notamment par les romains, puis les invasions barbares des premiers siècles, c’est la conquête de la Gaule par le chef franc Clovis à la fin du Vème siècle qui préfigure de la naissance du Royaume de France et de la dynastie mérovingienne. Celle-ci sera suivie, au VIIIème siècle, par celle des carolingiens avec l’arrivée au pouvoir en 751 de Pépin le Bref.
Ce dernier et surtout son fils, Charlemagne, accroissent le territoire de manière exponentielle.
En effet, à la fin du VIIIème siècle, ce sont plus d’un million de kilomètres carrés qui sont sous la coupe du tentaculaire empire carolingien. En 800, Charlemagne est sacré empereur d’Occident.
A la mort de l’empereur, l’empire est finalement démantelé pour des raisons d’héritage. C’est son fils Charles qui hérite de la Francie Occidentale, qui couvre alors environ ⅔ du territoire actuel de la France. Se met alors en place un système féodal basé sur trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers-état et où le pouvoir royal tient relativement peu de place.
En 987, Hugues Capet inaugure la dynastie capétienne qui régnera plus de 8 siècles et fera évoluer la place du pouvoir royal. Au XIIème siècle, Philippe Auguste reconquiert une grande partie du territoire et, en 1190, le nom de France est employé de manière officielle.
Au XIIIème siècle, l’heure est à la religion et aux croisades avec Saint Louis.
Le XIVème siècle est quant à lui celui des grandes crises, la Guerre de Cent Ans contre les anglais, l’épidémie de peste noire de 1347 et diverses insurrections qui l’assombrissent. A la fin de XVème siècle, la Renaissance est amorcée en France avec notamment le règne de François Ier.
En 1539, le français devient la langue administrative officielle du royaume grâce à l'ordonnance de Villers-Cotterêts.
A l’aube du XVIème siècle, débute une lutte de longue haleine entre Charles Quint et le Saint-Empire romain germanique d’un côté et la France et François Ier - puis Henri II - de l’autre. Au gré de traités divers et variés, le territoire français est fluctuant.
Dans le même temps, la Renaissance flamboie. Léonard de Vinci est à la cour de François Ier et les châteaux de la Loire s’élèvent un à un, Blois, Chambord, Chenonceau… En 1535, Jacques Cartier découvre la Nouvelle France (futur Canada).
La seconde partie du XVIème siècle est marquée par les guerres de religions. En 1572, des milliers de huguenots (protestants) sont massacrés à la Saint-Barthélémy. C’est finalement le roi Henri IV (ancien protestant converti) qui y met fin avec l’Edit de Nantes, promulgué en 1598.
Le XVIIème siècle est celui de la monarchie absolue, des complots et des intrigues de cours. Si les Valois en étaient friands, les Bourbon se montrent à la hauteur de leurs royaux prédécesseurs. Henri IV assassiné, c’est Marie de Médicis, mère du jeune Louis XIII, qui devient régente. En 1617, Louis XIII fait assassiner le favori de celle-ci, Concini, et reprend la main, conseillé par le cardinal de Richelieu. De nouveau, les conditions de vie des protestants deviennent compliquées.
C’est également l’époque de la centralisation. L’atelier monétaire de Paris devient le plus important au détriment de ceux des provinces. Dans le même temps, c’est la reprise des hostilités avec le Saint-Empire romain germanique et la Guerre de Trente Ans.
Louis XIII décède en 1643 et le Soleil tarde à se lever.
Anne d’Autriche est régente, conseillée par le cardinal Mazarin. Après une accession au pouvoir difficile notamment en raison de la Fronde, Louis XIV s’installe finalement sur le trône, toujours accompagné du fidèle Mazarin. Le règne est long, parsemé de guerres, de grandes réformes et d’efforts constants de centralisation du pouvoir. L’édit de Nantes est révoqué.
Dans le même temps, la France rayonne sur le monde et les fastes de Versailles impressionnent. On colonise la Nouvelle France, la Guadeloupe ou encore la Louisiane.
Au XVIIIème siècle, c’est l’ère des Lumières sous le règne de Louis XV. C’est aussi la triste ère des négriers et du colonialisme. Si en Europe le territoire français s’étend, gagnant notamment la Corse ou la Lorraine, la fin de la Guerre de Sept Ans a pour conséquence des pertes coloniales importantes comme la Nouvelle France. La France ne conserve que quelques comptoirs en Inde.
A la fin du XVIIIème siècle et lors l’arrivée de Louis XVI au pouvoir, les finances sont au plus bas, minées par les guerres menées par ses prédécesseurs. La monarchie absolue a fait long feu. Le règne de Louis XVI prend fin avec la Révolution Française.
Arrivé au pouvoir en 1774, Louis XVI est finalement décapité en 1793.
En 1799, Bonaparte clôt le chapitre révolutionnaire avec le Consulat puis devient Napoléon Ier et fait de la France un empire. Si le personnage est controversé, il est également à l’origine de nombreuses réformes institutionnelles qui subsistent encore de nos jours. Il fonde notamment la Banque de France et rétablit les finances.
C’est également une époque de guerres incessantes et d’expansion à marche forcée. Napoléon Ier subit toutefois quelques revers notables comme la désastreuse campagne de Russie. En 1814, la France est envahie et l’empereur abdique. C’est le retour des Bourbon et de la royauté au pouvoir avec Louis XVIII qui semble stabiliser la situation. C’est compter sans la pugnacité de Napoléon qui fera son grand retour pour les Cent-Jours avant d’être définitivement exilé à Sainte-Hélène après la bataille de Waterloo.
Suite à ce bref intermède, Louis XVIII et la Restauration reprennent la main. Mais si Louis XVIII sait être conciliant, son successeur, Charles X, commet l’erreur de vouloir pleinement restaurer l’ancien régime dans une France post-révolutionnaire. En 1830, c’est la révolution des Trois Glorieuses. Les Bourbon cèdent la place aux d’Orléans par l’intermédiaire de Louis-Philippe, roi des Français (et non plus de France, et la différence est de taille).
En 1848, la Seconde République voit le jour. Suffrage universel masculin et abolition de l’esclavage sont votés. La jeune république peine toutefois à s’imposer et fait le lit du coup d’état habilement mené par Napoléon Louis Bonaparte à la fin 1851. Retour à l’empire, sous Napoléon III.
La France fait encore sa révolution, mais industrielle cette fois.
Le crédit et la création de sociétés sont facilités et de grands travaux sont entrepris comme notamment ceux d'Haussmann à Paris. La politique étrangère française se mêle de diverses guerres en tant qu’alliée, asseyant ainsi son importance. C’est finalement la guerre contre la Prusse qui sonnera le glas de l’empire en 1870. Retour à la république. La troisième tentative sera la bonne.
La Troisième République est proclamée en 1870 et perdure jusqu’en 1940.
Si le XIXème siècle est chaotique, au début du XXème siècle, l’heure est au modernisme et aux grandes réformes : liberté de la presse, syndicalisme, création d’associations et de partis politiques, divorce… L’heure est également aux symboles : buste de Marianne représentant la république, Marseillaise en tant qu’hymne national et 14 Juillet jour de fête nationale.
En 70 ans, la troisième république verra passer une Guerre Mondiale, les années folles et une crise économique majeure, mondiale elle aussi.
Les années défilent, la république demeure…
Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Après la défaite de 1940, l’Occupation, la Résistance et la Libération, il est temps de refonder la République. C’est la naissance de la quatrième du nom, en 1946.
Tout est à reconstruire et la période est celle d’une grande croissance économique mais aussi celle de la modernisation et de nationalisations stratégiques, augurant des Trente Glorieuses. La politique étrangère s’avère toutefois plus délicate : la décolonisation est en marche. A la guerre d’Indochine, succède la guerre d’Algérie… et la fin de la Quatrième république.
Le 1er juin 1958, le général de Gaulle demande la rédaction d’une nouvelle constitution.
La Cinquième république est née.
La France est encore sous ce régime semi-présidentiel de nos jours.
Monnaies françaises
La France a connu, au cours de son histoire, plusieurs monnaies, plusieurs systèmes monétaires et de nombreuses périodes de transition. De Charlemagne jusqu’au XIème siècle, il est parfois complexe de s’y retrouver. Charlemagne impose pour son empire un système basé sur le denier argent, système qui perdure jusqu’à la Révolution.
Une livre vaut alors 20 sous et 240 deniers.
Rappelons à toutes fins utiles que la livre est une unité de poids pour évaluer la quantité de métal précieux qui doit être présente dans une monnaie.
Dans un premier temps, la livre Parisis (de Paris donc) circule et continue de côtoyer d’autres monnaies jusqu’en 1667. La livre Tournois (atelier de Tours) est censée la remplacer dès le XIIIème siècle. Il est cependant à noter que de la mort de Charlemagne à l'avènement d’Hugues Capet, le pouvoir royal a peu d’impact sur l’émission des monnaies et, avec le système féodal, la moindre petite baronnie se fait fort de frapper ses propres monnaies.
Au XIème siècle, sa majesté Hugues Capet tape du poing sur la table et les choses se régulent.
L’effigie du roi apparaît désormais sur toutes les frappes. Le franc fait ensuite ses premières (et brèves) apparitions.
Tout d’abord le franc or dit “à cheval” de Jean II le Bon en 1360. Il est ensuite abandonné pour revenir en 1575, sous Henri III. Il est en argent et il vaut alors une livre. Il est de nouveau laissé pour compte sous Louis XIII et l’écu prend sa place.
En 1640, Louis XIII procède à une grande réforme monétaire.
Il garde l’écu or (5 livres tournois), crée le fameux louis d’or qui vaut deux écus (soit environ 11 livres et 2 sols), introduit l’écu argent (6 livres) et le liard en cuivre. Le système perdure alors jusqu’à la Révolution française.
La Révolution marque les “vrais” grands débuts du franc.
On commence toutefois doucement, se contentant de supprimer l’effigie de Louis XVI sur les monnaies en 1792. A cette époque a lieu également la première diffusion de “papier monnaie”, avec les assignats. C’est en 1795 que naît le franc révolutionnaire et que le système décimal est mis en place. Un franc argent se divise alors en 10 décimes et 100 centimes, il remplace la livre tournois et vaut officiellement 1 livre 0 sol et 3 deniers. En 1799, toute comptabilité doit être obligatoirement tenue en franc.
En 1803, le franc germinal fait son apparition.
On a alors des monnaies d’¼, ½, ¾, 1, 2 et 5 francs en argent ainsi que des monnaies de 20 et 40 francs en or (les fameux “Napoléon”).
Avec la Première Guerre mondiale, l’économie mondiale est fortement secouée. En 1928, le franc Germinal fait place au franc Poincaré qui marque une dévaluation de 80% de feu le franc Germinal. La Grande Dépression suit, puis la Seconde Guerre mondiale et les dévaluations également.
En 1958, le général de Gaulle lance une grande réforme monétaire. C’est la naissance du nouveau franc qui vaut alors 100 “anciens” francs.
En janvier 2002, c’est la fin du franc, et l’euro est mis en circulation.
Les grandes inventions
Les français ont inventé, entre autres, la baïonnette (Vauban, 1671), le niveau à bulle (Melchisédech Thévenot, XVIIème siècle), le bidet (XVIIIème siècle), le réverbère (Dominique-François Bourgeois, 1744), l’automobile (Nicolas Joseph Cugnot et Amédée Bollée, XVIIIème et XIXème siècle), l’eau de Javel (Claude-Louis Berthollet , 1785), la montgolfière (les frères Montgolfier, 1783), la guillotine (docteur Guillotin, 1789), les allumettes (Charles Sauria, XIXème siècle), le stéthoscope (René Laennec, 1819), la photographie (Nicéphore Niépce, 1825), la bande Velpeau (Velpeau, 1860), la poubelle (Eugène Poubelle, 1884), le cinéma (Louis et Auguste Lumière, 1895), le néon (Georges Claude, 1910) ou encore l’horloge parlante (Ernest Esclangon, 1933) .
Illustration: "Boulevard parisien" par Akseli Gallen-Kallela (1885)
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