Sicile, Tétradrachme, 455-430 av. J.-C.
Leontini - Argent - TTB+ - HGC:2-671
Vendue
Tête d'Apollon portant une couronne de laurier sur ses cheveux ondulés, à gauche.
Tête de lion à la langue pendante et rugissant à gauche, ethnique autour ; feuille de laurier dans le champ droit ; grain d'orge au-dessus, en dessous et dans le champ gauche.
Superbe tétradrachme dans un excellent état de conservation présentant une iconographie complète sur chacune de ses faces et orné d'une belle patine aux reflets dorés. Les coins utilisés pour frapper notre exemplaire commençaient à être usés comme le montrent les cassures au droit au niveau des cheveux du dieu, dans le champ droit et au-dessus de son nez. Le cou d'Apollon présente également des graffitis. Néanmoins, la monnaie est dans un état de préservation exceptionnel laissant apparaitre chaque détail du portrait d'Apollon. Il est représenté sous les traits d'un jeune homme aux cheveux marqués par des lignes très fines et aux nombreuses mèches ondulées. Le portrait est d'autant plus beau que l'on distingue encore les éléments de ses yeux et notamment ses cils. Le centrage de la frappe laisse apparaitre l'intégralité de sa tête et une partie du grènetis composé de points délicats. Le revers présente un beau centrage et quelques reflets bleutés entre 6h et 9h. Les poils ainsi que les babines du lion sont visibles et détaillés tandis que ses crocs acérés et sa langue montrent sa férocité. La feuille de laurier est délicatement représentée avec toutes ses nervures et chaque élément composant les grains d'orge sont présents. Notre exemplaire est frappé pendant une période d'indépendance de la cité de Leontini, alors alliée aux Athéniens, entre deux invasions syracusaines. La représentation d'Apollon vient du fait qu'il est à cette période la divinité la plus importante de la cité. Le lion, animal solaire associé indirectement au dieu, est également lié au nom Leontini. Quant aux grains d'orge, ils témoignent de la richesse de la cité réputée pour ses plaines fertiles. La feuille de laurier, également liée à Apollon, est l'un des symboles connus sur le revers des tétradrachmes de la cité pendant cette période. Elle est l'un des témoins de l'intensité des frappes de ce monnayage au deuxième tiers du Ve siècle av. J.-C. Autre élément intéressant, la légende de notre monnaie est écrite avec l'alphabet chalcidien, témoignant de l'origine des fondateurs de la cité au VIIIe siècle av. J.-C. qui venaient de Chalcis. Les lettres "L" et "N" sont caractéristiques. Exemplaire témoignant du contexte historique de sa frappe, présentant un beau centrage et un état de conservation exceptionnel. A acquérir absolument ! Boehringer Leontinoi 55 ; Maltese, Leontini 138 (D34/R106) ; SNG ANS 257 (mêmes coins) ; HGC 2, 671 et Rizzo pl. XXIIII, 4 (mêmes coins). Collection Faune d'Argent.
LEO-N-TI-N-OY
17.39 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité "TTB+"
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de mains en mains et de poches en poches, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est quant à lui clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
Mais pourquoi ce plus accolé à cette double beauté nous direz-vous ?
Ce petit “plus” indique qu’il s’en est fallu de peu pour que l’article de collection ici présent n’accède à un rang supérieur de qualité lors de l’évaluation réalisée par nos experts. Un Très Très Bel article quasiment SUPerbe, donc…
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