Sicile, 16 Litrai, v. 218-215 av. J.-C.
Syracuse - Argent - SUP - HGC:2-1554
Vendue
Buste de Philistis, diadémée et voilée, à gauche, épi dans le champ droit.
Nike conduisant un quadrige galopant à droite, tenant les rênes à deux mains; KI au-dessus de sa main droite, épi de blé sous les jambes des chevaux à droite, nom à l'exergue.
Superbe tétradrachme dans un excellent état de conservation, au flan rond et bien centré, orné d'une belle patine aux reflets gris et dorés. Le droit montre Philistis, considérée comme l'épouse de Hiéron II, tyran de Syracuse entre 270 et 215 av. J.-C. Elle est représentée de manière idéalisée, avec des traits fins et un beau portrait, des mèches ondulées aux nombreux cheveux gravés par des lignes délicates. Son voile, réaliste, possède de nombreux plis et des reliefs et creux marqués. Il laisse également deviner une partie de la coiffure de la reine : un chignon à l'arrière de la tête. Son diadème, une bande délicate, laisse échapper quelques boucles qui disparaissent sous le tissu. Son identité est inscrite sur le revers de notre exemplaire : son titre est lisible en haut tandis que son nom se trouve à l'exergue. Le portrait au droit s'inscrit parfaitement dans l'iconographie féminine de l'époque où les traits sont idéalisés et témoignent à la fois de l'idée de royauté et de piété (religieuse). Au même moment en Égypte, on retrouve des codes iconographiques identiques pour le monnayage de Bérénice II et Arsinoé II. Notre exemplaire s'inscrit également dans une importante série de monnaies émises sous Hiéron II représentant son épouse. Ce monnayage est caractérisé par un haut raffinement de la gravure et à la multiplicité des détails de l'iconographie. Le revers, magnifique, présente de nombreux détails, notamment au niveau des chevaux. Chaque animal est unique, parfaitement conservé et possède une anatomie complexe et bien illustrée. De la même manière, Nike est délicatement représentée : on peut voir son nez, les muscles de son torse et le drapé autour de ses hanches. Les éléments du char et de harnachement sont tous présents et visibles. On aperçoit notamment ces derniers sur la partie antérieure des chevaux (épaule et tête) ainsi que la roue gauche du char, visible à travers leurs pattes arrières. On notera d'ailleurs son éloignement par rapport à la roue droite. L'épi de céréale au droit est en partie visible tandis qu'au revers, il est très bien conservé et détaillé, jusqu'aux barbes représentées par quelques traits pratiquement invisibles ! Magnifique exemplaire bien centré présentant une iconographie raffinée, véritable chef-d'œuvre de la gravure antique. A acquérir absolument ! Burnett, Enna Hoard 43 ; HGC 2, 1554 et BMC 548. Ex Collection P. et divers (Delorme, Fraysse & Weil, 19 Juin 1993, lot 11). Collection Faune d'Argent.
ΒΑΣΙΛΙΣΣΑΣ / ΦΙΛΙΣΤΙΔΟΣ
13.34 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “SUP”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de cette abréviation de prime abord obscure, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Superbe
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que si la pièce de monnaie a circulé, ce fut suffisamment peu pour que sa beauté originelle en soit presque intégralement préservée. L’usure est très peu visible et aucun autre défaut n’est a priori décelable sauf à disposer d’une loupe et d’un regard particulièrement affûté.
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