Macédoine, Philippe II, Tétradrachme
v. 355-348 av. J.-C. - Amphipolis - Argent
Vendue
Tête laurée et barbue de Zeus à droite.
Homme barbu (Philippe II) à cheval marchant vers la gauche, portant un kausia (chapeau plat), levant son bras droit et tenant les rênes de la main gauche.
Ce très beau tétradrachme est dans un bel état de conservation et joliment décoré d'une patine gris blanc ! On distingue parfaitement la pupille et l'iris de Zeus ainsi que les éléments composant son oreille. Sa barbe est composée d'épaisses boucles et ses cheveux, de mèches présentant un relief notable. Les baies de sa couronne ne sont plus présentes mais l'on distingue malgré tout quelques légères nervures des feuilles de laurier. Quant au revers, il est agréablement bien détaillé. Les traits du vêtement de l'homme que l'on interprète comme Philippe II sont marqués et on distingue chaque drapé et pli. La gravure est d'une telle finisse que l'on peut également voir les quelques traits formant les poils de sa barbe. Quant au cheval, il est d'autant plus beau que chaque détail de son anatomie est conservé. Le crin de sa queue et les poils composant sa crinière se devinent parfaitement. Chaque partie de sa tête est bien définie, on peut voir toutes ses articulations ainsi que les muscles travaillant sous l'effort de la marche. Le licol et les rênes sont illustrés par des traits fins tandis que la scelle est décorée de points en partie effacés sur sa bordure et d'une ligne les entourant et suivant cette dernière. La position de chaque élément n'est pas anodine. Les pattes levées du cheval indiquent le mouvement tandis que sa queue légèrement relevée apporte du dynamisme à la composition. Le bras levé de Philippe II symbolise son rôle de chef qui dirige. Il est assis sur son cheval, portant un kausia, le dos droit : de sa main, il donne un ordre et guide ses troupes. L'iconographie de cette scène correspond parfaitement à la période à laquelle cette monnaie a été frappée. Au début de son règne, il rétablit la puissance du Royaume de Macédoine, conquiert de nombreuses cités et étend son influence sur plusieurs régions. Il participe notamment à la Troisième Guerre Sacrée de laquelle il ressort plus puissant que jamais. Durant son règne, il organise une refonte de la cavalerie et développe cette dernière. L'iconographie de notre exemplaire est donc fortement liée au contexte politique. Le pouvoir et la force de Philippe II sont d'autant plus marqués que le droit représente Zeus. Il est le roi des dieux, le plus puissant d'entre eux. Il est donc un symbole fort auquel Philippe II se réfère. L'association des deux iconographies - droit et revers - est donc un témoin puissant et un moyen de propagande efficace pour montrer la puissance de Philippe II, la faveur qu'il tient des dieux qui le rendent victorieux dans ses conquêtes mais aussi sa volonté d'imposer son autorité sur le monde. HGC 3.1, 861 ; PELLA Philip II 104 et SNG ANS 467. Collection Faune d'Argent.
ΦΙΛΙΓ-ΓΟΥ / M ou Σ entre les pattes avant du cheval
14.5 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “TTB”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de main en main et de poche en poche, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est, quant à lui, clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
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