Monnaie, Jotapianus, Antoninien
248-249 - Nicopolis in Seleucia - TTB - Argent
Vendue
Buste radié et cuirassé à droite.
Victoire avançant à gauche, tenant une couronne dans la main droite et une palme dans la main gauche.
Jotapian, dont la rareté du nom nous indique qu'il est probablement un membre de l'aristocratie régnante commagénienne (un état tampon situé proche de l'Arménie), a usurpé le titre d'empereur à l'occasion d'une révolte menée en Orient à l'automne 249. N'acceptant pas la hausse des taxes imposées par le gouverneur des provinces d'Orient, le frère de l'empereur régnant Philippe l'Arabe, il fait d'Antioche sa capitale et se fait nommer empereur par des troupes rebelles situées en Cappadoce, ces dernières étant hostiles au rapprochement de Rome avec ses ennemis orientaux. Il profite de son titre usurpé pour frapper monnaie, dont tout dans l'extrême rareté et la médiocre qualité nous indique que la révolte fut brève et circonscrite dans l'espace, Jotapian n'ayant probablement jamais pris contrôle d'un atelier officiel d'importance. On ne connait de lui qu'une petite vingtaine d'antoniniens mais aucun aurei ne nous sont parvenus, bien qu'il soit envisageable qu'il en fut frappé. On retrouve sur toutes ses monnaies une légende de revers en VICTORIA AVG qui célèbre sa soit disant victoire contre les troupes de Philippe. La légende de droit, quant à elle, en M. F. RV. et que l'on peut développer en Marcus Fulvius Rufus, est la seule source dont nous disposons pour attester de son nom complet. Sa révolte ne mène finalement à rien de concret et ses troupes l'éliminent, puis apportent sa tête à Rome pour la présenter au nouvel empereur, Trajan Dèce. On ne connait de lui qu'une petite vingtaine d'antoniniens mais aucun aurei ne nous sont parvenus, bien qu'il soit envisageable qu'il en fut frappé. On retrouve sur toutes ses monnaies une légende de revers en VICTORIA AVG qui célèbre sa soit disant victoire contre les troupes de Philippe. La légende de droit, quant à elle, en M. F. RV. et que l'on peut développer en Marcus Fulvius Rufus, est la seule source dont nous disposons pour attester de son nom complet. Sa révolte ne mène finalement à rien de concret et ses troupes l'éliminent, puis apportent sa tête à Rome pour la présenter au nouvel empereur, Trajan Dèce.
IM C M F R IOTAPIANVS AVG
VICT ORIA AVGV
3.68 gr
De l’argent
L’argent peut se glisser dans la poche mais également entre le cuivre et l’or dans le groupe 11 de la classification périodique. Trois métaux fréquemment utilisés pour la frappe de monnaie. Deux raisons à cela pour l’argent : c’est un métal précieux et il s’oxyde peu à l’air. Deux avantages non négligeables.
Voici un métal qui ne manque pas d’air, donc.
Son nom en français nous vient du mot Argyros (Ἀργυρός), argent en grec ancien. L’argent est d’aspect blanc et brillant et, pour ajouter un peu d’ésotérisme ou de polythéisme à l’affaire, il est traditionnellement dédié à la lune ou à la déesse Artémis (Diane chez les romains).
En tant que métal précieux, au même titre que l’or, l’argent est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’argent, au naturel trop malléable (on ne peut posséder toutes les qualités) et qui s’userait donc trop rapidement, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Les premières monnaies en argent remontent probablement à la fin du VIIe av. J.-C. sur l'île d'Égine. Ces oboles sont reconnaissables grâce à la tortue figurant sur l’avers.
La patine de l’argent va du gris au noir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’argent entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’argent à 999‰, soit 999 parts d’argent pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “TTB”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de ce sigle de prime abord obscur, en trois mots, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Très Très Beau
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que la pièce de monnaie a bien circulé de main en main et de poche en poche, mais que l’impact sur son usure reste limité : type et légendes sont parfaitement lisibles et le relief de la gravure est, quant à lui, clairement visible. A l'œil nu, on peut constater des traces de rayures ou de chocs.
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