Monnaie, pseudo-imperiale, Odoacer
Solidus - 476-489 - Rome - SUP - Or - RIC:3653
Vendue
Buste casqué, chamarré et cuirassé de face, tenant une lance et un bouclier décoré d'un motif de cavalier et d'ennemi tombé.
Victoire debout, de face, la tête à gauche, tenant une longue croix ornée de bijoux ; étoile dans le champ droit.
Rarissime solidus pseudo-impérial d'Odoacre, frappé au nom de Zénon. C'est Odoacre qui renverse en 476 Romulus Augustule, le "dernier empereur romain d'Occident", bien que celui-ci ne fut jamais reconnu par la partie Orientale qui le voit comme un usurpateur. Zénon, alors empereur à Constantinople reconnait quant à lui Julius Nepos comme véritable empereur de la partie Occidentale, or celui-ci, peu populaire, a été destitué par l'un de ses généraux en août 475, qui place Romulus Augustule à sa place. C'est dans ce contexte chaotique qu'Odoacre, chef de guerre d'origine Pannonienne profitera de révoltes dans l'armée romaine pour agréger à ses côtés les troupes d'origines barabares qui la composent, puis assiègera Ravenne et démettra le jeune Romulus Augustule de ses fonctions. Reconnu roi par ses troupes, sans précision de peuple ou de territoire, Odoacre s'empare ensuite de Rome et de toute l'Italie. Perçu comme un dictateur par le Sénat et le peuple romain, il ne sera par ailleurs jamais reconnu empereur d'Occident par Constantinople, qui finira néanmoins par lui accorder le titre de Patrice d'Italie après la mort de Julius Nepos, exilé en Dalmatie. Ce statut flou d'Odoacre est perceptible à travers son monnayage pseudo-impérial, de type oriental et frappé au nom de l'empereur Zénon. L'exceptionnel solidus que nous proposons à la vente est un témoignage vibrant de cette période charnière et mouvementé de l'histoire. D'une insigne rareté et de la plus belle facture, cette monnaie est frappé sur un flan large qui laisse apparaître l'entièreté des légendes. Elle est issue de la trouvaille Mare Nostrum (1954). Cette extraordinaire trouvaille constituée de 426 solidi dans un état exceptionnel de conservation a été acquis sans que nous ne connaissons sa provenance. Il nous est néanmoins possible de dire qu'il s'agit d'un trésor maritime, si on se réfère aux traces de concrétions marines visibles sur plusieurs exemplaires ayant survécus. L'ensemble qui comprends majoritairement des monnaies datant de l'époque de la fin de l'Empire romain d'occident, est un remarquable témoignage de la circulation monétaire dans cette période de troubles. La présente monnaie sera publié dans l'ouvrage consacré à cette trouvaille, par I. Vecchi, R. Beale et S. Parkin (2022).
D N ZENO PERP F AVG
VICTORIA AVGGG R / COMOB à l'exergue
4.34 gr
De l’or
Si de nos jours l’or s’est fait un nom en tant que roi des métaux précieux, ce ne fut pas toujours le cas. En effet, par exemple, dans la Grèce antique, le bronze de Corinthe lui était largement considéré comme supérieur. Pourtant, avec le temps, il a su s’imposer comme le prince de la monnaie même s’il se dispute fréquemment la première place avec l’argent au titre d’étalon.
Pourtant, d’autres métaux semblent bien plus précieux que cette paire, comme le rhodium ou le platine. Certes. Mais si le minerai n’est pas assez disponible, comment fabriquer des monnaies en quantité suffisante ? Il s’agit donc là d’un équilibre subtil à trouver entre rareté et disponibilité.
Mais il y a mieux, l’or est non seulement quasiment inaltérable, quelles que soient les conditions de stockage (et le fond des poches n’est pas le plus précieux des écrins) mais également malléable (les coins et les graveurs le remercient).
Voici donc le cocktail idéal pour battre monnaie sans tarder, et on ne s’en est pas privé !
Son nom vient du latin aurum et son symbole chimique est Au. Son origine est probablement extra-terrestre, il s’agirait en effet de poussière d’étoiles dégagée suite à une collision violente entre deux étoiles à neutrons. Non seulement précieux, mais également poète…
Les premières monnaies en or furent frappées par les rois Lydiens, probablement entre le VIIIème et le VIème siècle av. J.-C.. Si de nos jours les seules frappes en or sont celles de monnaies d’investissement (monnaies lingots) ou en tant que séries limitées à destination des collectionneurs, ce ne fut pas toujours le cas. Et l’or circula longuement de mains en mains et d’époque en époque, des gisements aurifères antiques du fleuve Pactole aux premières années du XXème siècle.
En tant que métal précieux, au même titre que l’argent, l’or est utilisé pour la frappe de monnaies à valeur intrinsèque, c'est-à-dire dont la valeur est constituée par le métal dont elles sont faites. Même si, de nos jours, la valeur pour le collectionneur dépasse fréquemment largement celle du métal…
Il est à noter qu’on adjoint fréquemment à l’or, au naturel trop malléable, de petites quantités de métaux autres qui viennent le durcir.
Le titre (ou aloi) au millième d’une monnaie vous indiquera la proportion exacte (en pour mille) d’or entrant dans sa composition. On parle ainsi par exemple d’or à 999‰, soit 999 parts d’or pour 1 part d’autres métaux. Cette mesure est importante pour les monnaies d’investissement comme les bullions. En France, jusqu’en 1995, cette mesure s’énonçait en carat.
Une qualité “SUP”
Car en numismatique, l’état de conservation d’un article se doit d’être soigneusement évalué avant d’être proposé au collectionneur avisé à l'œil aiguisé.
Et au-delà de cette abréviation de prime abord obscure, l’état de conservation est ici clairement énoncé :
Superbe
Ce qui signifie - plus prosaïquement - que si la pièce de monnaie a circulé, ce fut suffisamment peu pour que sa beauté originelle en soit presque intégralement préservée. L’usure est très peu visible et aucun autre défaut n’est a priori décelable sauf à disposer d’une loupe et d’un regard particulièrement affûté.
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